L’étanchéité à l’air n’est pas un hasard de chantier, c’est une continuité de matière.
Dans la conception architecturale contemporaine, la thermique d’un édifice a longtemps été réduite à l’épaisseur de ses isolants. Pourtant, une laine minérale ou un isolant biosourcé traversé par un courant d'air perd une fraction considérable de sa résistance théorique.
L’infiltrométrie traite le bâtiment comme un vase clos dont on éprouve l'intégrité périmétrique. L'air extérieur ne doit s'introduire que par des dispositifs de ventilation maîtrisés et dimensionnés (VMC simple flux hygroréglable ou double flux avec récupération calorifique). Tout flux traversant les liaisons maçonnerie-menuiserie, les boîtiers électriques non étanches ou les passages de gaines techniques constitue une infiltration parasite.
Ces mouvements d'air incontrôlés engendrent trois désordres majeurs : une surconsommation de chauffage directe par renouvellement thermique excessif, un inconfort d'ambiance avec effet de paroi froide et courants d'air sensibles, et enfin des pathologies structurelles causées par la condensation de la vapeur d'eau de l'air intérieur chaud lorsqu'il traverse les parois vers l'extérieur froid.
En conditions naturelles, le vent et les écarts de température créent des gradients de pression compris entre 1 et 10 Pascals. Le test d'infiltrométrie amplifie artificiellement ce phénomène à 50 Pascals pour s’affranchir des perturbations météorologiques immédiates et révéler sans équivoque chaque interstice d’air.